La Destruction La
Distruzione
(Les Fleures du Mal, section: Les Fleures du Mal, CIX)
Sans cesse à mes côtés s'agite le Démon; S'agita
senza posa accanto a me il Demonio;
il nage autour de moi comme un air impalpable; mi
vaga intorno come un etere impalpabile;
je l'avale et je sens qui brûle mon poumon io
l'inghiotto e lo sento ardermi i polmoni,
et l'emplit d'un désir éternel et coupable. riempiti d'una voglia inesausta e
colpevole.
Parfois il prend, sachant mon grand amour de l'Art, Guarda
al mio grande amor per l'Arte e a volte veste
la forme de la plus séduisante des femmes, d'una
donna le forme, le più conturbanti,
et, sous de spécieux prétextes de cafard, e
sotto speciosi e ipocriti pretesti
accoutume ma lèvre à des philtres infâmes. avvezza le mie labbra a dei filtri
nefandi.
Il me conduit ainsi, loin du regard de Dieu, Sottrattomi al Divino Sguardo mi trascina,
haletant et
brisé de fatigue, au milieu ansante
e di fatica rotto, nelle piane
des plaines de l'Ennui, profondes et désertes, giù
della Noia, senza limiti e deserte,
et jette dans mes yeux pleins de confusion e
getta nei miei occhi messi in confusione,
des vêtements souillés, des blessures ouvertes, con
abiti imbrattati e con ferite aperte,
et l'appareil sanglant de la
Destruction! la scena sanguinante della Distruzione!
(Supplément aux Fleures du Mal, VIII) (trad. di
L. Frezza)
Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille. Sta’
calmo, mio Dolore, e placati. La Sera
Tu réclamais le Soir; il descend; le voici: invocavi:
eccola; sta scendendo;
Une atmosphère obscure enveloppe la ville, la
città si ravvolge in un’oscura atmosfera
Aux uns portant la paix, aux autres le souci. che agli uni porta pace, agli altri
tormento.
Pendant que des mortels la multitude vile, Mentre
dei mortali la caterva vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci, sferzata
dal Piacere, carnefice spietato,
Va cueillir des remords dans la fête servile, va
a cogliere rimorsi alla festa servile,
Ma Douleur, donne-moi la main; viens par ici, dammi
la mano, Dolore; vieni qui e in disparte
Loin d’eux. Vois se pencher les défuntes Années, restiamo.
Vedi affacciarsi le defunte Annate
Sur les balcons du ciel, en robes surannées; ai
balconi del cielo, nelle vesti antiquate;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant; dall’acqua
fonda il Rimpianto sorgere sorridente;
Le Soleil
moribond s’endormir sous une arche, il
sole moribondo addormentarsi sotto un ponte,
Et, comme
un long linceul traînant à l’Orient, e
strascicando a Oriente come un lungo sudario,
Entends,
ma chére, entends la douce Nuit qui marche. senti,
senti la dolce Notte camminare.