(Les Fleures du Mal, section: Spleen et Idéal, LXXIX) (trad. di L. Frezza)
Grands bois, vous m’effrayez comme des cathédrales; Foreste,
m’impaurite come cattedrali!
Vous hurlez comme l’orgue; et dans nos cœurs maudits, Strepitate
come l’organo, e i nostri cuori dannati,
Chambres d’éternel deuil où vibrent de vieux râles, stanze
d’etrno lutto in cui vecchi rantoli vibrano,
Rèpondent les échos de vos De profundis. rimandano gli echi dei vostri De
profundis.
Je te hais, Océan! tes bonds et tes tumultes, Ti
odio, Oceano! In sé i tuoi
impeti e tumulti
Mon esprit les retrouve en lui; ce rire amer lo
spirito ritrova; quella risata amara
De l’homme vaincu, plein de sanglots et d’insultes dell’uomo
vinto, piena di singhiozzi e d’insulti
Je l’entends dans le rire énorme de la mer. io la sento nel riso enorme del mare.
Comme tu me plairais, ô nuit! sans ces étoiles Come
mi piaceresti, notte, senza queste stelle
Dont la lumière parle un langage connu! la cui luce parla un linguaggio
conosciuto!
Car je cherche le vide, et le noir, et le nu! perché io cerco il vuoto, e il nero, e il
nudo!
Mais les ténèbres sont elles mêmes des toiles Ma
perfino le tenebre sono come tele
Où vivent,
jaillissant de mon œil par milliers, in
cui vivono, uscendomi dagli occhi a migliaia,
Des êtres disparus aux regards familiers. esseri scomparsi dagli sguardi familiari.
(Les Fleures du Mal, section: Tableaux Parisiens, LXXXVI) (trad. di L. Frezza)
Je veux, pour composer chastement mes églogues, Per
comporre castamente le mie egloghe
Coucher auprès du ciel, comme les astrologues, voglio,
come gli astrologhi, dormire accanto al cielo
Et, voisin des clochers, écouter en rêvant e,
accanto ai campanili, ascoltare sognando
Leurs hymnes solennels emportés par le vent i
loro inni solenni trasportati dal vento.
Les deux mains au menton, du haut de ma mansarde, Col mento
nelle mani, dalla mia mansarda,
Je verrai
l'atelier qui chante et qui bavarde; vedrò
il laboratorio dove si canta e si ciarla,
Les tuyaux, les clochers, ces mâts de la cité, le
ciminiere e le guglie, alberi della città,
Et les grands ciels qui font rêver d'éternité. e i grandi cieli che fanno sognare
d'eternità.
Il est doux, à travers les brumes, de voir naître È
dolce veder nascere attraverso la bruma
L'étoile dans l'azur, la lampe à la fenêtre, la
stella nell'azzurro, alla finestra il lume,
Les fleuves de charbon monter au firmament i
fiumi di carbone salire al firmamento
Et la lune verser son pâle enchantement. e la luna versare il chiaro incantamento.
Je verrai les printemps, les étés, les automnes; Vedrò
le primavere, le estati, gli autunni,
Et quand viendra l'hiver aux neiges monotones, e
quando verrà l'inverno con le sue nevi monotone,
Je fermerai partout portières et volets allora
chiuse le tende e le imposte serrate,
Pour bâtir dans la nuit mes féériques palais. costruirò nella notte i miei palazzi
fatati.
Alors je rêverai des horizons bleuâtres, Mi
metterò a sognare orizzonti bluastri,
Des jardins, des jets d'eau pleurant dans les albâtres, parchi e
zampilli piangenti dentro gli alabastri,
Des baisers, des oiseaux chantant soir et matin, baci,
uccelli che cantano sera e mattina
Et tout ce que l'Idylle a de plus enfantin. e tutto ciò che l'Idillio ha di più
infantile.
L'Emeute,
tempêtant vainement à ma vitre, Il
Tumulto, ai miei vetri tempestando invano,
Ne fera pas
lever mon front de mon pupître; non
mi farà alzare la fronte dal mio tavolo,
Car je serai
plongé dans cette volupté perché
sarò profondamente immerso nel piacere
D'évoquer le
Printemps avec ma volonté, di
evocare con la volontà la Primavera,
De tirer un
soleil de mon coeur, et de faire di
tirar fuori un sole dal mio cuore
De mes pensers brûlants une tiède atmosphère. e di creare col fuoco dei miei pensieri
il tepore.